Partager l'article ! Les heures souterraines: Je viens de finir « Les Heures Souterraines » de Delphine de Vigan, et je n’ai qu’une hâ ...
Je viens de finir « Les Heures
Souterraines » de Delphine de Vigan, et je n’ai qu’une hâte, lire les précédents et le suivant ! Mais comment ai-je pu passer à côté de cet auteur pendant si longtemps ?
« Les Heures Souterraines », ce sont vingt-quatre heures ordinaires dans la vie d’une femme ordinaire et d’un homme qui ne l’est pas moins, et pourtant c’est tout sauf un roman ordinaire. Je me suis complètement laissée emporter par ce récit et par l’écriture de Delphine de Vigan. Elle utilise des phrases courtes, simples, intenses, qui sonnent comme une mélopée, et qui intensifient encore plus la banalité de l’histoire.
Car qu’y a-t-il de plus banal en effet que l’histoire de cette femme comme vous et moi peut-être, qui, un jour pas fait comme un autre, a commis l’irréparable aux yeux de son patron, et qui se retrouve entraînée dans une spirale infernale et sans fin. Etant plutôt de nature forte et optimiste, j’avoue avoir toujours eu du mal à comprendre celles et ceux qui, victimes de harcèlement moral, tombaient dans la dépression. Mais, et c’est là pour moi toute la force de ce récit, j’ai réalisé à quel point la douleur pouvait être sourde et sournoise, et comment finalement il était facile de se laisser embarquer. Et surtout, alors que j’aurais du à chaque nouveau coup bas du patron en question, bondir, rugir, hurler, frapper, j’étais comme Mathilde, totalement impuissante et désemparée. J’attendais qu’il se passe quelque chose, enfin, mais rien, au contraire, les heures s’égrainaient inlassablement au fil des pages pour que finisse enfin cette journée. Pour que malheureusement le lendemain soit formaté sur le même schéma, mais jusqu’où ?
J’ai trouvé l’histoire de Thibault un peu moins forte, bien que tout aussi sournoise et douloureuse. Mais ce qui m’a surtout frappé dans ce roman, c’est sa violence. Attention, pas au sens propre du terme, non non, justement, ce qu’on appellerait plutôt la violence ordinaire justement, celle que l’on subit au quotidien, ce fameux quotidien qui use et peut tuer.
Ce n’est malgré tout en aucun cas un livre triste ou larmoyant, c’est beaucoup plus subtil que ça. Bon, ce n’est pas super gai quand même, mais à aucun moment je n’ai eu envie de m’apitoyer sur le sort des personnages. Je n’étais qu’un témoin impuissant de plus à leur histoire.
J’ai lu pas plus tard qu’hier que Delphine de Vigan était dans les derniers finalistes pour le Prix Goncourt 2011. Je ne connais rien aux arcanes des prix littéraires ni au monde de l’édition, mais sans même avoir lu « Rien ne s’oppose à la nuit », je lui souhaite d’ores et déjà bonne chance.
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